Text Size

Kes, cinéma 70

Devenu propriétaire d’un jeune faucon, Billy entreprend son apprivoisement. Etonnante aventure que Ken Loach nous conte selon un rythme capricieux qui fait à la fois toute l’originalité et tout l’intérêt de Kes. Car le rêve n’annule pas la réalité contraignante et préoccupante qui, aux yeux de Billy, est un nid de contradictions incompréhensibles. Son indifférence relative, sa candeur, ses craintes et ses peurs, nous les voyons se dessiner au hasard des circonstances. Et quand la réalité est la plus forte, Loach n’hésite pas à lui donner le pas. Ce qui nous vaut parfois quelques petits films dans le grand : la leçon de foot, la douche punitive, la réunion des élèves, la punition du directeur, etc. (pour ne rien dire de la savoureuse séquence du bal du samedi soir, féroce, et qui nous renvoie à tout un cinéma anglais de ces dernières années).


Entre ces scènes, tour à tour drôles ou tristement bêtes (et nullement, hélas, invraisemblables) et la vie intérieure du jeune héros il n’y a pas de solution de continuité. C’est l’étonnante qualité de ce film que de se permettre ces incidences sans nuire à la fluidité du récit.


Mieux : elles s’avèrent indispensables à la compréhension du héros comme le sont les apartés, plus «positifs» : la leçon de dressage donnée à toute la classe, les discussions avec le prof attentif qui permettent à Billy de prendre conscience de sa juvénile lucidité... (…)